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Surtout bien penser à ranger le ballon... |
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Là-haut, sur la montagne, y’avait un beau chalet...
Les Hollandais sont partis depuis quelques heures et le chalet semble un cran plus grand. Tiens, la petite a oublié son ballon. Ils étaient bien ceux-là, bien mieux que les Marseillais de Février : ils n’ont rien cassé et la p’tite dame avait toujours un mot gentil. Sûr qu’il devait souvent lui faire répéter à cause de son accent épais comme le brouillard des jours de neige mais elle s’en amusait, elle riait et tu aimais bien son rire qui te rappelait un peu celui de ta soeur Marie, la morte. Tu ne sais pourquoi tu continues de l’appeler Marie la morte, peut-être parce qu’elle est y passée la première, en 53 d’une mauvaise grippe. Toi tu es le dernier, bien planté dans tes brodequins usés par tant de pas dans les alpages, le dernier à faire vivre ce hameau qui t’as vu naître et que tu refuses de déserter. Avant que la mairie ne fasse la route, tu passais tout l’hiver seul, ne descendant au village que pour le nécessaire à l’épicerie et la messe, le dimanche. Tu regrettes ce temps-là mais il a bien fallu t’adapter. Alors tu as transformé le chalet en gîte et depuis quelques temps, tu joues à l’aubergiste ; au garagiste aussi. Maintenant tu te diriges vers la grange et tu regardes l’énorme camping-car aux plaques oranges surmontées de grosses lettres noires. Tu démarres la disqueuse et en attaquant la carrosserie tu penses que ça va être beaucoup plus long que pour le break des Marseillais. Dans la porcherie les cochons commencent un drôle de festin.
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