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J’étais calée dans le présent, pour une fois.
Mon pote fait les permanences avec moi, m’accompagne silencieusement. Je m’accroche aux petits riens du quotidien et c’est déjà pas mal. Pas de faux-semblants, pas de fioritures. Je les regarde, les autres, mes semblables, les êtres qui peuplent mon tout petit coin de planète. Je les vois se débattre, faire leur cinéma, danser leur propre tango. Les scénarios foisonnent, les mensonges, les sourires, les blessures, la guerre. Ils me regardent et je me vois, je les regarde et je me vois. Faire des grimaces, je crois. Je les écoute, je ne prends rien. Pas l’habitude. Juste je m’écorche. Je jette des mots au vent. Mon enfance s’enfuit par le chemin de ma mère qui. Cet espace qui est le sien m’emplit de vide. Je m’accroche par les yeux à la réalité de novembre, ses arbres roux, ses chats mouillés, son froid neigeux. Je regarde les rues. Je ne vois rien d’autre que l’intérieur de moi, là où l’absence s’engouffre, grandit, où mon cœur pleure, mon ventre se tord. Je vois tout et je ne vois rien. Rester vivant, malgré tout. Je m’accroche aux petits riens du quotidien et c’est déjà pas mal.
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