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On laisse glisser la bretelle
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Écrit par Mireille
  
Pour retrouver le souffle il faut s’élancer et sauter, toutes écoutilles ouvertes, délesté de ses poids au fur et à mesure des étages… plus bas. Si on étouffe à en crever, il faut apprendre le vide, comme les mouettes, les chats et le vent du large.




On laisse glisser la bretelle à l’intérieur de sa gorge, ronde, pour respirer un peu, se sentir nue sans vraiment y penser. Mais l’étouffement vient du manque de ce qui vous serre vraiment… Un paradoxe, n’est-ce pas. Si vous cherchez l’air avec l’impression de tourner en rond, filez « sur les toits ». Là où les immeubles et les tours crachent leurs peuples d’antennes blanches vers la mer, en toute indifférence. Là où vous sentirez que l’eau, noire et changeante est profonde comme une gorge de femme à la bretelle perdue. Vous saurez que sur les toits, habite le vent faiseur d’anges et de croix bizarres avec vos bras. Là, vous vous exercerez à rejoindre les goélands en ouvrant tout. Les yeux, la bouche, les mains… Et comme à Tokyo, quand le ciel se tasse et entasse les adolescents suicidaires, vous vous élancerez en abandonnant les derniers tics de Geisha qui vous irradiaient encore la peau et le cuir autour du cœur.



Commentaires
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Sylviane Kerivel   |2009-11-05 21:30:07
Envoûtante invitation au lâcher-prise, à l'envol, à l'ouverture absolue.
Envie de grimper là-haut.
Je dirais " 16 ans et des poussières " ...
Le cuir autour du coeur, extraordinaire consistance, souple et robuste à la fois !

Réponse de l'auteur :

Bien trouvé, Sylviane, le texte est en résonance avec [i]16 ans et des poussières.[/i] Et... Merci pour le cuir autour du coeur qui te plait bien, c'est qu'il faut le protéger autant que possible sans le rendre frileux. Le cuir c'est fort :o)

Albert   |2009-11-05 21:34:05
C'est doux, vachement doux, trop doux ?
Je n'aime pas le mot "écoutilles" , ça fait plaisanterie de Cavanna.

Mais c'est doux...

Réponse de l'auteur :

C'est vrai que quand j'écris un texte, je ne pense pas forcément à Cavanna. Euh, sinon la douceur, j'aime ;o) mais je ne suis pas certaine d'y avoir pensé (non plus) dans ce texte.

nemson   |2009-11-06 10:01:01
Il est bien ce texte. serré et carré. pas trop d'air. mais minutieux.

"e coutilles" ça fait cavanna?
ça y est t'as un trou dans la tête toi!

Réponse de l'auteur :

Merci Nemson, de me défendre contre les contrepèteries de Cavanna ;o) et pour le reste aussi.

ovive   |2009-11-05 22:24:10
"Le vent faiseur d'anges"
terrible image que je voudrais avoir écrite

Réponse de l'auteur :

Je l'aime bien aussi. En écrivant le texte, elle est venue comme ça, d'un seul coup. Merci Ovive.

Caroline...   |2009-11-05 23:34:29
Je te suis...le vent me portera.
Superbe mis à part deux trois trucs mais on s'en fout, mon premier mouvement fut de sauter donc impossible de revenir sur mes pas.
Tant mieux

Réponse de l'auteur :

Il est sympa, ton commentaire, Caroline. Merci pour le superbe, aussi. Le désir de sauter et de s'envoler part du même principe alors, hein ? :o)

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