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Ae fond kiss and then we sever
Un air impavide, une bouche avec une allumette au coin des lèvres, un regard moderne, elle débarque en ville. C’est un bled parfum poussière. Les trottoirs sont larges et les immeubles bas. Elle s’ennuie vite. Elle veut tuer. Ce serait comme un fruit délicieusement pourri qu’elle tiendrait longtemps entre ses doigts avant d’y goûter. Puis de le balancer par-dessus son épaule en riant.
Un baiser langoureux et alors ils se séparent. Elle file à grandes foulées en direction du terminal de bus.
Le premier type porte un skate-board sous le bras, un peu ramassé sur lui-même, roux à la peau sèche et creusé, il a un couteau de boucher planté en plein milieu du dos.
Le deuxième type priait dans une église. C’est comme ça qu’elle a coulé un surin dans ses lombaires pendant qu’un chat les regardait.
Dans le bus elle maquille son reflet dans une vitre. Sa volonté toute embuée elle serre le poing, le mord.
Elle s’ennuie vite de la ville suivante. N’en saisit aucune vibration. Elle n’est pas d’humeur, ne tue pas, tue beaucoup, c’est selon, demandez aux passants dans la rue, à ceux qui traversent les ponts plusieurs fois par jour et marchent le front ridé, posez la question à ceux à qui cette ville appartient.
Dans un autre bus elle se sent mal. Une drôle d’odeur s’échappe des bouches d’aération. Un parfum poussière, délicieusement pourri.
Elle tient son allumette le plus fort possible entre ses dents. Elle s’évanouit. Elle est morte. Ils sont vivants.
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