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Celle qui fait toute la différence…
Estéban se curait les ongles qu’il avait en deuil avec la pointe d’une des fléchettes du jeu cloué contre le mur. Il l’avait ramassée en rentrant, sachant très bien qu’aucun des deux idiots du village n’auraient les couilles pour venir la demander. Ils n’en lançaient plus que cinq et devaient entreprendre après chaque volée une fumeuse péréquation pour ramener les points au standard habituel. Estéban les regardait avec ce sourire en biais qui contenait tout le mépris du monde, la jouissance de voir les autres ramper, s’humilier sur un simple de ses regards. Il se tourna vers Miguel, le tenancier du bouge et prononça un seul mot, sur un ton si doux, mais si menaçant : Lina.
Miguel suait à grosses gouttes. Il allait devoir dire à cette ordure que sa Lina était partie au chevet de…mais jamais ce salopard ne gobera un bobard pareil, la ficelle est trop grosse. Seulement il n’en peut plus Miguel, de voir sa gamine traitée comme une putain par ce chien puant.
-Lina.
Estéban allait attraper le tenancier à la gorge quand il sentit comme une piqûre de guêpe au cou, mais en plus fort, puis une autre dans le creux de l’oreille. Il hurla vainement quand Tomàs, le plus jeune des joueurs lui creva son dernier œil et en profita pour agrandir le trou fait par son frère en premier, dans l’aorte. Julius récupéra la sixième fléchette en s'excusant d'un sourire candide avant de continuer la partie : C’était trop dur pour compter les points avec seulement cinq fléchettes !
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