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Son regard avait du être doux mais là il ressemble à mes fleurs. |
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Il avait pensé ça d'un coup sans y prêter attention, tout occupé qu'il était à chercher un endroit où se poser. Sa cheville le faisait souffrir mais il mettait un point d'honneur à trouver un lieu qu'il jugerait suffisamment décent pour s'asseoir.
Il trouvait esthétiquement incompatible l'image de cet homme - lui - en costume de lin clair avec ses fleurs à la main affalé sur le bord d'un trottoir oublié, anonyme ignoré pendu au rebord d’une ville qui l’ignorerait alors encore plus. " La vie était ce que l'on en faisait et l'élégance était aussi une question de détails dans les mouvements du corps ou dans les lieux que l'on choisissait d’investir . ", opina-t-il pour lui-même. En l'occurrence, il eut aimé un banc dans un parc, quelque chose avec de la verdure et un clapotis d’étang, quelque chose de touffu . Lui revinrent à l’esprit des images de Madrid... le parc del Retiro... une fin d’après-midi et elle : l’Etna personnifié. Leur rencontre aurait du être comme cette image géographiquement improbable et … " Oh papy tu rêves… ! " La douleur fila de sa cheville à son estomac sprintant au final vers son cœur : il grimaça. Il avait marché absorbé par ses images - ce qui lui restait - et heurté quelque chose ou quelqu’un. Il baissa la tête. Quand il s'absorbait comme ça dans son monde intime, il basculait inconsciemment et imperceptiblement la tête vers le ciel, avançait en marche mécanique et finissait en apnée jusqu'à ce que ses fonctions primaires le rappellent à l'autre réalité, celle d'où il n'était pas. Il baissa la tête donc et grommela une excuse grimaçante. La voix sortait tout droit d'une bouche encore jeune. Il pensa : " La vingtaine abîmée " et vit la mer, grise et tourmentée.
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