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J'ai pris une phrase au hasard dans un livre...
Je lui ai demandé : « qu’est-ce…… que tu en penses ? ». Il ne m’a pas répondu tout de suite. Il me tournait le dos et buvait du mauvais whisky en prenant des notes sur le petit carnet à spirales tout pourri qui ne le quittait jamais. Sa jambe raide lui faisait une silhouette bizarre, déhanchée sur la droite. Il s’est tourné vers moi, sa balafre à la joue, violacée, me surprenait encore, même si j’arrivais à le trouver beau, bizarrement. Il avait sa tête des mauvais jours. Je me suis mise à trembler. J’avais peur. C’était la première fois que j’essayais de m’exprimer sur mon avenir. Peut-être à cause de Tristan qui tous les jours à l’école me montait le bourrichon contre lui. Je savais que ça ne lui plairait pas. Il a boitillé jusqu’à moi, tout près de mon visage. Il empestait tout ce que je détestais. La dernière douche était loin. Je n’ai pas vu venir la gifle. Les larmes sont montées, j’ai saigné du nez. « Jamais ! » il m’a crié dans les oreilles. « Moi vivant, tu ne feras que ce que j’ai décidé ! ». J’avais la nausée. J’ai baissé les yeux. Il a pris mon cartable, mon manteau, a tout enfermé dans le placard du couloir. Il a verrouillé la porte d’entrée. A mis tout le trousseau dans sa poche de pantalon. S’est mis comme à chaque fois qu’il était en colère à tanguer, à respirer fort, à parler tout seul, en faisant de grands gestes, à taper dans les murs, puis, d’un seul coup, s’est tourné vers moi. « Déshabille-toi. ».
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