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Le gars était planté là, devant le portail grand ouvert du magasin de remorques. Comme figé, le gars ! Une espèce d’oiseau migrateur ippon par la gifle d’une hélice d’éolienne. En voie d’extinction, le gars, en quelque sorte.
C’était au mois de septembre. C’était un matin. C’était un lundi. En septembre, un lundi matin, vendre une remorque à un particulier tenait du miracle. Même si le réchauffement climatique aidait, en général, tous les pékins avaient remisé leur crème solaire pour attendre, chagrins, leur maigre salaire. Le vendeur le savait, qui sortit immédiatement pour essayer de réanimer le client statufié.
En fait, le gars fixait la pancarte au-dessus de l’entrée. Logiquement, le vendeur fit de même : Entrée véhicule et stationnement interdit. - Vous savez, c’est pas pour embêter le client, mais il faut bien pouvoir manœuvrer les remorques. - … - Faudrait pas que ça vous empêche de nous visiter. - Manque un « s ». Le vendeur ne sut que dire ; lui, sa spécialité c’était la remorque, son attache et, accessoirement, les extensions de rétroviseurs. - Un « s » ? - Oui, à interdit… « Entrée de véhicule et stationnement interditssss » - Interditssss ? - Hum… - Et pour mes remorques ? - Z’auriez un modèle capable de transporter, disons quatre bottes de foin ? Le gars revenait sur terre, pensait à sa bagnole, à son coffre, au macchab, dedans, qui puait, à l’astuce des bottes de foin et au « s » d’interdits. Le vendeur, lui, soupira d’aise. Il avait.
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