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Oui ça te va bien. Dans ce magasin de chaussures démodé tu passais dans un sens puis dans l’autre devant la glace en me demandant mon avis, tes chevilles n’avaient jamais été aussi grisantes mais j’étais sacrément mal à l’aise. Tu es très jolie, vraiment. Je n’appréciais pas la légèreté de ta robe ni les empressements de la vendeuse, je répètais absolument oui ça te va bien, c’était le jour de mon anniversaire et dès le réveil ça avait mal tourné. Tout te va si bien parfois et moi qui doute.
Les néons ultra violents et les vapeurs de parfum comme tournis ça marche bien. Assis sur un tabouret rouge suant je m’impatientais de beau adossé à un rayonnage, et puis les multiples miroirs du magasin me ramenaient invariablement à moi, sous tous les angles j’étouffais de reflet. Je voulais disparaitre à la façon des océans au fond des éviers quand soudainement tu m’as éveillé. Oui elles sont mieux celles là t’ai-je dit, lanières argentés autour de tes ongles vernis, oui elles te vont mieux et j’ai vu tes pieds adorer la vie, devant moi, sous mes yeux.
Je me lève, tu es à mes cotés. Nous quittons lentement ce magasin étrange, dehors nos bras s’entremêlent doucement, je suis apaisé. Peut être à ta façon de marcher comme ça avec moi, dans la rue. Et aussi tes pieds qui ne cessent de revenir toujours un petit peu en avant de nous, fières lanières d’argent après qui je cours sans cesse à la bourre.
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