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"J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans", Charles Baudelaire, Spleen II, Les fleurs du mal.
Confus, confondu, fondu, flou, décliné, fluide, compact, un impact, par petites touches, j'écris comme il peint, frénétique, fort, ça vient de loin, ça vient de près, ça vient du ventre, c'est des enfants-tableaux. Un vert anglais part dans le ciel mais la lumière est torturée. Le rouge, ce n'est pas le sang, c'est l'histoire au-delà des larmes coulées, plus loin que les prophéties. Le rouge en trois points verse la sagesse, une vérité, à l'horizon, en bout de terre, en bord d'eau trouble. Mais la vérité c'est quoi ? Que raconte la terre ? Quelle énigme au sein du nuage ? Est-ce qu'il passe ? Est-ce un merveilleux nuage ? C'est l'or les yeux levés, l'ambre les yeux rivés, les richesses et Baudelaire n'est pas loin. C'est une chevelure ancienne, diaprée, ce sont des âmes sages, elles parlent au creux des voix ancestrales. Écoute : ça résonne. Écoute. Le silence. Écoute. Les vents. L'homme. La flûte. Les cris victorieux des grands oiseaux. La flûte la flûte. Écoute. Elle érotise l'esprit. Elle érotise le corps. Elle érotise la terre. Elle chante une harmonie. Il y a des traces invisibles mais le tableau les efface, une louve hante la matière, il y a des traces mais le peintre les masque, il cache la louve, il ne la risque pas. Il maintient l'harmonie.
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