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Des ailes, des palmes, une queue de sirène ? Le mouvement d'une eau bise. Une eau nordique ? Non.
La femme. C'était ouverte qu'elle écoutait la mer, ouverte et nue, intimement donnée, on eût imaginé la coquille d'un crustacé prêt à dénoncer son charme perlé, on eût aimé voir s'envoler les voiles d'un papillon argenté. Elle regardait la mer, les jambes tendues vers des vagues usées qui s'éteignaient sur du sable, des graviers, des galets, ça dépendait. On supposait les seins plantés lourds sur un buste droit. On espérait les oreilles qui ne faisaient rien d'autre qu'écouter. Des oreilles sans bijoux, elles captaient les froissements d'écume, les clapotis à l'orée des roches brunes, parfois un fracas, un fracas léger, rare, une surprise. Il y avait cette femme, elle entendait le bleu jusqu'à l'acier, l'opale, le cristal. Elle captait les notes de tout son corps, un corps-orifice. Oreilles, gorge, peau, vulve, une vulve comme un étau qui recueillait, qui recrachait, une gorge qui capturait, une peau qui suintait. Elle jouissait pleinement dans cet état de grâce naturelle. Un peintre passa, il saisit comme un souffle délicieux l'image de la femme qui écoutait la mer. On ne sut jamais qui de la femme ou de l'onde reçut sa préférence. Mais elles scintillent, depuis.
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