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On dit toujours que l’aube porte en elle… Non On dit rien Jamais rien, car ça ne nous intéresse pas On ne parle jamais bien de ce qu’on ne connaît pas.
Larry connaissait bien l’aube et ses menaces. Larry n’avait peur ni de la nuit noire ni du liseré de jour forçant le coffre de l’obscurité.
A cette heure-là, Larry déclenchait l’ouverture des grilles vers le sas d’entrée, haute cage de verre avec, à droite, un photomaton aux veilleuses rouges de magie noire et, à gauche, une espèce de cochon vert à basculer les mioches pour un jeton.
Larry attendait là, calme, que le ciel se décide. Toutes les trois minutes, le cochon débile déclenchait une musique niaise et des voix enfantines qui se voulaient sirènes incitantes.
Larry attendait là, habitué, que le ciel se dessine. Dehors le parking, quelques lampadaires de plus en plus fades et des panneaux publicitaires déroulant : pack de bières – téléphone mobile – voyage enchanteur – téléphone mobile – pack…
Alors le ciel se décidait à dessiner ses menaces esquissées. Larry ne bronchait pas. Une minute encore et le cochon vert chanterait comme un coq. L’aube arrivait soudain, découvrant Larry qui chevauchait sa fin de nuit sur une Walkyrie verte venant d’avaler son premier jeton de la journée. Et la menace de devenir promesse.
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