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Approchez, approchez… Allez, ne soyez pas timide. Venez plus près… Je vous dois une confidence… … Je n’aime pas l’été…
Je dirais même que je ne l’aime pas du tout. Ma remarque est certes un brin provocatrice. Mais avouez que le spectacle d’une fourmilière de touristes agités au bord de la mer ou agglutinés en tas de crêpes ramollies sur une grève ensablée de détritus, n’est guère enthousiasmant. Alors je fuis… Je fuis les embouteillages, les plages, les aéroports, les gares, les spectacles, les bals (surtout ceux du 14 juillet), les feux d’artifice… Bref. Tout ce qui de près ou de loin attire un flux humain.
Ainsi, je passe mes journées, confinée entre quatre murs. Grignotées de soleil, les pierres des murs de ma maison. Murs sans oreilles ni oreiller ni même oreillette…
Une fois de plus, j’ai divagué sur des mots qui jouent et se jouent du vertige qui m’aspire aux confins du manque. Manque d’inspiration. Manque d’amour. Manque d’envie. Manque de manque peut-être… Passe, impair et manque, clame le croupier en retirant la petite boule coincée dans cette roulette qui tournoie follement dans le manège désenchanté de la vie…
À force d’ouvrir des parenthèses dans l’inconscient, tout reste en friche. Où se trouve la vie dans les mots ? Agrippée aux lettres censées faire vibrer le fil ténu d’une existence, je pianote. Mais tout fout le camp, même les plus chouettes souvenirs…
Pour toutes ces raisons sans raison, cet été, j’hiberne. Peut-être l’hiver prochain m’éténerai-je ? Ça vous étonne ? Vous ne connaissez pas le verbe s’éténer ?
Je vous dois une confidence… Moi non plus !…
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