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un époux (ex) désemparé
Je ressens une appréhension certaine. Je viens d’occire mon épouse et je crains de ne pas avoir commis le crime parfait. Je l’ai trucidée durant son sommeil afin de faciliter ma tâche. Elle dormait gentiment, à rebours de sa méchanceté ordinaire, et je n’ai eu aucun mal à lui planter dans le cœur – elle en avait un ! – le grand couteau de cuisine dont elle se sert si adroitement, je le reconnais…
Il m’a fallu me débarrasser du corps. Elle a beaucoup saigné. Jamais je n’aurais cru qu’un tel flot s’échappât de ce corps gracieux, si bien proportionné qu’il faisait se retourner les hommes sur son passage. C’est d’ailleurs pour cela que je l’ai tuée. Je la soupçonnais de me tromper. Je ne suis peut-être pas très viril, mais j’ai horreur qu’on couche avec ma femme. Et c’est ce qui malheureusement est arrivé. J’en suis sûr.
Je l’ai vue, l’autre jour, en compagnie d’un bel homme – qu’hélas je ne suis pas –, sortir d’un hôtel. Tous deux paraissaient si heureux que j’en ai ressenti une immense peine. Voila pourquoi je suis un assassin.
Mais je ne suis pas assez stupide pour aller en prison. Il me faut d’urgence trouver un prétexte à sa disparition. Je l’ai jetée nuitamment dans le fleuve, j’ai brûlé la literie ; et j’attends à présent des lecteurs – pas des lectrices, cela va de soi – de cet appel qu’ils m’éclairent de toute urgence sur la meilleure façon de tromper la police et, subséquemment, la justice des hommes.
Le couteau ! Qu’ai-je fait du couteau ?!
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