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Foutu pays que c’pays-là !
J’vais vous dire, ces gars-là sont des pauv’es bougres qui sont venus ici comme ils auraient pu aller ailleurs, partout, du moment qu’ils foutaient le camp de chez eux, loin, de l’autre côté.
Alors, une fois ici, le boulot importe peu, cueilleur d’oranges, âne bâté de chantier ou arpète de boulanger : tout pareil ! L’important c’est d’se faufiler entre les mailles tout en ramassant du pognon.
Les mailles ? Oui, pa’ce que j’vais vous dire, ces gars-là, ici, c’sont des moins que rien, des nada, des sans numéro, des sans papier (du moins ceux qu’il faut). Et faut pas aller croire qu’on n’en veut pas ici… si on l’dit, on l’pense pas, surtout pas le boulanger, là, qu’en a deux d’ces bougres-là, dont un qui y a laissé son bras dans l’pétrin. Et not’ boulanger, aussi sec, de jeter le bras dans une poubelle et de déposer le clandestin à 200 mètres des urgences.
Pourquoi 200 mètres ? J’vais vous dire, pa’ce que j’ai dans l’idée qu’à cette distance on n’arrive pas à lire une plaque d’immatriculation. Foutu pays, pas vrai les gars ?
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