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et dans ma tête
Quand je ne me prends pas la tête, je mets mon chapeau et sors pour aller regarder les filles passer sur les grands boulevards. C’est l’été. Le soleil donne malgré la légère grisaille de la pollution. Que certaines sont belles ! Pas toutes, il s’en faut. Mais il en est qui, vêtues d’un rien, inciteraient le pape lui-même à mettre un préservatif si sa fonction lui permettait de faire l’amour avec une beauté de rencontre…
Aujourd’hui, je suis en forme. Je viens d’écrire plusieurs pages qu’un mien ami a trouvées « sublimes ». Il est reparti de mon galetas, et j’ai mis mon chapeau. J’ai l’air d’un conquérant sous mon chapeau. Il me donne l’aspect d’un aventurier en quête d’un trésor dans la sierra ou dans la jungle. Je ne suis pas mal bâti et j’ai le regard perçant. Ça plaît aux femmes, les aventuriers. Reste à les convaincre de me suivre dans ma chambre sous les toits…
Et ce n’est pas gagné. Mon corps est ravagé par une ancienne brûlure qui a détruit en partie son épiderme. Je ne me regarde plus dans la glace. J’ai peur d’y voir la laideur. Cela vient d’un geste fou, du temps où je croyais pouvoir refaire le monde en me sacrifiant. Je m’étais alors immolé par le feu devant une ambassade d’un pays où régnait la terreur. On m’avait sauvé la vie. Quelle vie, à présent ? Il me reste l’écriture.
Quant à l’amour… Le charnel… Faire l’amour… J’espère toujours rencontrer celle qui voudrait bien combler ma libido. Et qui, peut-être, m’aimerait vraiment au-delà de l’apparence.
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