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et Anne-Laure s’interroge
Gustave ne dort plus guère. Et lorsqu’enfin le sommeil le prend en pitié, c’est le chant du coq qui le réveille. Il y a tant de tâches récurrentes à la ferme… Il lui faut se lever déjà. De la cuisine lui parviennent des bruits d’ustensiles ménagers. C’est Anne-Laure qui prépare le solide petit-déjeuner que son estomac réclame… réclamait. L’appétit l’a abandonné. Sa robuste nature, naguère si vorace pour satisfaire sa forte charpente et ses muscles faits pour le dur labeur des champs, s’étiole inexorablement. Ses insomnies sont peuplées de la vision d’Anne-Laure nue faisant sa toilette, de sa poitrine et de ses hanches lorsqu’elle s’escrimait au labour ou au fauchage du pré, de son corps aux formes somptueuses dessinées par l’orage et dénudées dans la grange où il la bouchonna avec une poignée de paille. « Que ne l’ai-je prise alors comme un malappris ! Et qu’importait sa possible réaction devant l’outrage fait à sa personne si élégante malgré la robe rustique de feue ma mère ! » ne peut-il s’empêcher de se reprocher dans son lit bateau…
Anne-Laure déplore que Gustave soit malheureux. Cela ne l’empêche pas néanmoins d’être toujours attentif envers elle. C’est si aimable de sa part de lui apprendre les rudiments du retour à la terre. Elle sait que Gustave se ferait une joie de l’honorer. Elle est très belle. C’est pour cela qu’elle a fui la ville, excédée par l’admiration dévoyée des malotrus. Devra-t-elle accéder à son désir ? C’est un bel homme, certes…
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