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A un carrefour de deux rues |
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Ce matin au carrefour de deux rues t’as rencontré un genre de fille qui te fait ralentir, en voiture ou à pied. La fille est debout en jupe dans ton univers familier et y semble posée comme une statue et ça t’interpelle vachement, d’ailleurs depuis qu’elle est apparue elle est le centre de ton dorénavant foutu univers familier et tout autour d’elle émane un air d’immobilité et jamais as tu senti les secondes ralentir ainsi. Pas même lorsque cette femme que tu ne revois plus lisait à haute voix les tirades enflammées écrites pour d’autres dans tes lettres cachées.
Cette femme t’y penses encore la nuit. Ce matin à ce carrefour des rues les choses se sont espacées et éclaircies et t’as vu très nettement comme ce devrait être dans ton esprit et il y avait tant d’espace entre deux idées que t’aurais pu tomber au travers mais la fille statue t’a heureusement rattrapé.
Tout s’est arrêté alors. Les rues au carrefour t’as ralenti, tu t’es posé un instant et les autres hommes derrière faisaient pareil, ils détournaient leur visage, sur une silhouette en jupe posée dans le décor, ils la regardaient avec force comme pour en conserver un morceau, tous la figure absorbée, le temps élastique et les trous béants de la vie qui apparaissent, qu’il faut enjamber ou chuter avec.
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