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Et printemps dans les prés.
Je voulais qu’il garde son bonnet pendant qu’on baisait. Et ces lunettes aussi. Ses lunettes et ses chaussettes. Je voulais que rien ne soit accordé à la futilité, je voulais du bon du bref de l’immédiateté. Je voulais son regard insondable dans le mien Je voulais sa bouche ouverte contre mon nez Je le voulais agrippé, agrippé à pleines mains Je ne voulais aucun mot. Il n’y en eu aucun.
Il y avait juste cette odeur de plastique de caravane trentenaire et d’humidité. Une humidité lourde rabattue sur les vitres dépolies par endroits. Il y avait un grincement métallique quelque part à l’arrière et je me souviens d’un bruit de branche balayant le toit. Un bruit de branche et de vent dans les voiles. Je me souviens d’un oiseau qui chantait pas loin. Je me souviens avoir pensé au soleil et au vent Je me souviens avoir eu envie de prendre l’air .
Je sentais son haleine dans mon nez Et sa respiration qui accélérait Je sentais mes jambes devenir une idée. Une idée de jambes sous une idée de corps d’une idée de fille. Et lui agrippé frénétiquement à son idée. Je ne voulais plus aucun mot. Il n’y en aurait plus aucun. Je voulais juste qu’il garde son bonnet.
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