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A Malalaï Aïcha Maria et trop d’autres |
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Les coups dans la porte il fait encore nuit la porte a cédé elle entend leurs cris et le bruit de leur course ils font irruption dans sa chambre en hurlant l’attrapent par les cheveux déchirent sa chemise la traînent devant sa porte
Elle ne pleurera pas Ses yeux resteront secs Son cœur vide à jamais Vide comme un ventre Après un curetage Un déchirement muet Part de son sternum S’étrangle dans sa gorge
Elle ne pleurera pas Ils lui ont tué son homme Ils lui ont pris ses filles Et ses fils où sont-ils ? Ce qu’ils lui firent à elle Elle préfère l’oublier Enfoui au plus profond D’une honte intouchable
Elle ne pleurera pas Si elle tombe avant eux Il y aura des frères Il y aura des sœurs Qui se battront encore Se battront jusqu’au bout Les arracheront du sol Où ils prirent tant de vie Ils brûleront leur haine Les éradiqueront N’en garderont qu’une ombre Garde-fou de toutes peurs
Elle ne pleurera pas Car il faut vivre encore Et vivre jusqu’au bout Garder la tête haute Même si elle doit tomber
Tous les villageois sont là elle ne comprend pas les paroles éructées sent sur sa tête le froid du rasoir voit ses cheveux tomber l’arme est sur sa nuque elle en est soulagée elle n’a pas pleuré
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