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Texte spécialement écrit et réalisé à la demande de Miss Hillary Jones
Ou comment faire d'une diapoésie (L'Envol) un fulgure.
A l’entrée du Zahro, Cerbère tente de te harponner avec ses baisers à trois gueules. En bas, dans une foule à couper au fourreau, tu contemples le dos du pianiste. Ton cœur ne tremble que par instant. Tu le sens, l’illumination n’est pas de ce monde. Ce que tu sais de l’univers s’engouffre dans ton vertigo. Alors tu avances vers Marie et Max car tu aimes les sentir accrochés à cette torpeur qui les ceinture. Tu penses « c’est l’amour » de leurs regards qui se touchent. Toi, ta robe de lumière attire les papillons de nuit. Entre deux morceaux, le pianiste désaccordé te susurre : Faire connaissance, ça vous dirait ? Mauvais film.
Tu lui souris sans répondre puis tu t’éloignes, au bord de l’écœurement. En croisant Marie et Max tu leur signales que tu t’enfuis. Cerbère à l’entrée te demande si ça roule. Sourire de ses crocs. Tu lui balances du béton dans les yeux en le repoussant, avec l’impression d’avoir des clous dans la bouche à lui envoyer, s’il bronche à nouveau. Puis la pitié te prend, Pardon Monsieur le monstre.
Chez toi. Immeuble très haut sur un ciel Bleu Black, bip les messages, tu écoutes. Quelqu’un songe au dernier cri dans ta gorge et sur ta peau. Tu l’entends et tu souris. Défroisses un peu tes ailes. Si ta cigarette fume et consume l’aube avec toi, tu prends le premier vol pour lui… là-bas.
Alors tu boucles ta valise et ouvres la fenêtre sur le froid qui fond à même ta peau… le soleil décolle avec toi.
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