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Ce qu'on entendrait.
On entendrait voler un doute.
Il se mettrait à tourner en rond sous le plafond, des cercles réguliers, doux, on le percevrait à peine.
Il ne planerait pas encore, ne serait pas tout à fait installé. Un doute timide. Une interrogation passagère peut-être. On ne saurait pas bien. Dans le doute, les mouches se tairaient, impressionnées ou suspendues.
Alors on entendrait le silence et presque, une mouche tomber. On voudrait tout effacer, le pourquoi du doute, la lourdeur dans la pièce, vos yeux baissés. Mais il serait déjà tard, plus tard qu'on ne le pense, ce serait trop tard. Parce que le doute, inexorable, se serait mis à planer. Au-dessus des mouches intimidées et sur vos paupières résignées. Au-dessus du magazine de mode et sur la table basse en formica. Au-dessus de la caresse brisée dans un éclat de rire. Au-dessus du bientôt rien. Dans vos esprit, le doute s'unirait aux mouches, une danse agaçante. Quelque chose de lancinant.
On entendrait siffler des mots. Un dernier échange. Il se lèverait. Ou toi.
On entendrait claquer la porte. Et des pas dans l'escalier. Rapides. Après, on devinerait un départ, dans la rue, lui ou toi. Et puis à nouveau le silence. Celui qui fait dire qu'on entend voler une mouche.
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