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Un jour on perd le fil, Les hôpitaux Les assistantes de vie Tout un remue ménage qui se déclenche sous nos yeux On reste impassible on se désintéresse on est fatigué Jusqu’au jour où on déraille complètement,
Un jour on est sur le fil du rasoir On est là tout entier, tout plein de soi On chante un karaoké à trois bandes dans un coin de salle Et quelqu’un passe et s’arrête, il nous observe d’un drôle de regard en coin On est heureux, pourtant l’effrayante idée s’immisce déjà
Un jour brutalement on ne chante plus On reste assis sur sa chaise, dans le silence opaque Conscient et impuissant de la fatalité à l’entour
Un jour par diversion on détaille ses chaussures, ses chaussettes On remonte nos yeux sur soi, on voit le pantalon et les jambes qui saillent De part et d’autre il y a nos deux bras, secs et veineux Soudainement sur cette chaise on s’aperçoit qu’ils n’ont jamais été si inutiles nos deux bras
On y est, en plein dedans, on se senntirait prsque soulagé Désormais on jacte du caprice effrayant, les infirmiers sortent de leurs gonds J’en peux plus qu’ils disent en claquant la porte On insiste depuis des jours, non c’est non qu’ils répondent en face On souhaite être assis de biais près de la fenêtre pour voir le jardin, c’est tout Ils finissent par nous déplacer nous sur notre chaise
Et c’est trop tard
On se faisait petit portant On marchait dans les ombres Certains désespérés plongeaient dans le ciel comme ces petits oiseaux d’hiver qui s’envolent au loin Ceux qui se noient dans l’immensité
De l’autre coté dans la rue ça fait bizarre toutes ces ombres derrières les rideaux Silhouettes noires immobiles Sentinelles des heures Qui passent
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