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Je file et je reviens...
Le fil de ma vie fait des nœuds : alors ça m’énerve, je tire dessus et ça fait des vagues, dans mon ventre. J’ai essayé les nœuds marins. J’ai eu la nausée. Le filament des ampoules a toujours été un mystère pour moi, et c’est pour ça que les profs me trouvaient bête et sans lumière. J’ai volé le fil à plomb de mon père pour être droite au pied du mur, mais il me l’a repris à coups de gifles, et je suis restée tordue à 25 ° de longitude nord, le long d’une banquise mollissante. Le psy m’a tendu le fil du rasoir. J’ai eu des ampoules aux pieds, et pour finir, je me suis arrachée un ligament qui fait que je traîne la patte. Ils m’ont dit : file ! Je suis partie. Ils m’ont dit : faut filer droit, mais j’étais tordue à 25 ° de longitude nord le long de la banquise mollissante. Je me suis pris les pieds dans les filets de pêche, et même mon filet à provisions est toujours resté moche et vide. Quelquefois, un filet de bave dégouline quand je m’endors dans le train en rentrant du travail. Quelques filaments du firmament certaines nuits m’ont laissé penser que la lune n’était pas toujours mauvaise avec moi et qu’elle laissait filer, le temps d’une trêve des confiseurs. Le fil de mes rêves est décousu, même quand je ne dors pas. Un fil. Il faut pourtant bien le tirer, pour voir ce qu’il y a au bout. C’est le fil de ma vie qui fait des nœuds, alors ça m’énerve…..
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