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Pourquoi ne pourrait-on pas les trancher ?
La baraque était sale et décrépie comme une vieille photo jaunie. Mais c'était chez nous, malgré les lattes disjointes qui gémissaient à chacun de mes pas. Je tournais en rond, réfléchissant, irrité par l'attitude de mon paternel. Du coin de l'œil, je zieutais la vieille une fois de plus. Elle s'était endormie et bavait sur le canapé de cuir défraîchi. Elle ressemblait à une grosse limace dégoulinante. Je crachais par terre. J'avais une envie pressante de ramasser ma pétoire et de lui tirer une prune entre les deux orbites. Seulement, mon connard de père me l'avait interdit.
Il était dans le jardin, occupé à enterrer ce p'tit con de George qui avait voulu les plaquer après leur dernière combine. Un coup pépère : Cambriolage de jeunes mariés juste avant qu'ils se cassent en lune de miel. George avait émis l'hypothèse qu'ils pourraient les épargner. P'tit con de George.
Je m'arrêtais face à lui, interrompant son boulot de fossoyeur, les mains sur les hanches et les jambes écartées :
"P'pa ! On en fait quoi de la vioque ?"
Le vieux me lança ce regard neutre qui me disait toujours "t'es rien qu'une merde, ferme ta gueule et obéis", puis dit :
"On en fait rien" "Mais enfin p'pa ! Elle bave sur le canapé !" "On en fait rien gamin" "Mais pourquoi bordel ! Elle sert à rien !"
D'un geste brusque, il me saisit alors le visage entre ses deux mains rêches et puissantes :
"Parce que c'est maman, et que tu lui dois le respect. Y a rien de plus sacré que la famille p'tit con !"
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