|
Au monde de la nuit.
A ceux qui dégainent vite, toujours prompts à faire don de leurs fluides après un échantillon grotesque de leur âme donnée en pâture sous les milliers de watts dilapidés au profit du néant, sur les rythmes régressifs des solitudes cachées ; à celles qui se tortillent en dandinements simiesque, cosmétique-ment saturées de formules riches en fantômes des protégés de Noé ; à ce mignon planant caché derrière sa platine, croquant comme arachide de gaies amphétamines et enchaînant jusqu’au matin naissant, mètre soixante dix des acouphènes, les décibels barbares à l’assaut des tympans amorphes, des pavillons cotonneux.
A ces éclats de mots hurlés pour faire front, ses rires éclatés en dépit du non-sens, à ses transpirations excitantes et ces frôlements de circonstances ; à ses « tchin », à tes « à la tienne », à ces gin’s, à ces hyènes, à ces « pas de chance », à tes pauvres pas de danse avant fermeture.
A ses yeux embués bleu délavé, à ce parking désert, à ces néons éteints et les dernières bagnoles qui vont vers le matin, à cet espoir de la voir se réveiller un peu perdue en un lit qui n’est pas le sien, de sortir grand seigneur du canapé défoncé du salon et de lui préparer un café, de descendre en survêtement lui chercher des croissants et enfin de la rejoindre dans ce lit tu fais force bras d’honneur.
En pensée.
Le pylône EDF a gagné. Tu comprends malgré les cicatrices sonores de la techno qu’elle est…
Toi, il ne te reste que tes yeux pour parler.
|