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J’avais rêvé tête à tête plus romantique avec Pablo, mon beau brun ténébreux à qui je dois cette visite approfondie d’un congélateur version famille nombreuse…
J’ai si froid. Je ne peux plus crier, à quoi bon. Je n’entends rien à part cette oreille qui acouphène depuis que Pablo est tombé. J’étais près du canon. La lumière s’allume. « Je viens voir si le petit gigot gigote encore… ha ha » et elle referme avant, avant quoi ? Je ne peux plus bouger mes jambes, mes pieds sont morts. Même si je sors de là vivante, je vais finir vautrée dans un fauteuil à roulettes, mais je fais confiance à la vieille pour que ça n’arrive pas. La lumière s’allume de nouveau. Elle tient un sac à la main qu’elle laisse tomber à côté de moi. Elle dit qu’elle va laisser la porte ouverte pendant une minute le temps que mes yeux se réhabituent à la lumière. C’est la tête de Pablo qui me regarde. Il a les yeux ouverts sur la pire façon de crever, c’est ce qu’il semble dire. Elle referme la porte. Pablo, merde, c’était un coup génial, sans risque ; vioque en thalasso, larbins en congé, alarme en rideau, coffre en coton, avalanche de bibelots et pinard médaillé. La lumière s’allume encore. Elle dit que j’ai de la chance, qu’elle a besoin de moi. C’est vrai que j’ai mal maintenant. Le sang doit recommencer à circuler. Elle me donne une couverture, referme la porte. Elle nous a coincé dans le bureau, Pablo a voulu jouer au dur mais elle avait le flingue et elle savait s’en servir. J’ai fait deux pas vers elle, j’étais à moins d'un mètre du flingue quand elle a tiré. Je commence a pouvoir bouger mes pieds. J’ai mal. La lumière revient. Elle me regarde. Elle rit.
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