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Il en est…
Ce n’est pas parce que je suis amoureux qu’il faut me prendre pour un con. Je fais la vaisselle. Ma femme est partie dès le dessert rejoindre son amant. Je le sais : son impatience était un aveu. Je l’ai suivie assez souvent pour connaître l’endroit où ils se rencontrent pour faire l’amour. Je termine la vaisselle, décroche le fusil de chasse de mon père, démarre le tas de ferraille qu’elle me laisse comme d’habitude, préférant le coupé rutilant pour se précipiter vers son amant, s’imaginant me rouler dans la farine en prétextant aller chez sa mère qui serait malade, selon ses dires.
L’endroit en question est un chalet niché au fond d’un petit bois. Il appartient au don Juan en question. J’en ai déjà fait plusieurs fois le tour, profitant de la savoir occupée à faire du shopping et autres distractions qu’elle s’offre avec ma carte bancaire…
Il fait beau. C’est le printemps. La frondaison émerge de l’hiver. Le chemin empierré qui mène à ce « nid d’amour » vient d’être refait. Je me gare non loin du chalet, derrière un épais fourré. Les volets sont ouverts. Ils sont là !
Je m’approche doucement, profitant de quelques taillis pour me dissimuler. Me voici près d’une fenêtre. Je jette un regard. Ils baisent !
Vais-je tirer à travers la vitre ? Les chevrotines ne leur feront pas de cadeau. Où vais-je retourner sur mes pas, rentrer chez nous, l’attendre ?
Je suis con et amoureux. Désespéré aussi. J’enfonce le canon dans ma bouche.
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