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La guerre du golf a commencé |
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Thème de mars (Attack)
J'ai toisé mon père, m'abimant le cœur à enregistrer chaque pli de son front puis j'ai dégainé. Le club était solide et puissant. Une force énorme s'incarnant dans mon geste, j'ai brisé avec sa crosse tous les bibelots en cristal de Bohême qu'il collectionnait. A bout de souffle, j'ai ôté mes sandales puis j'ai sauté sur les éclats coupants. Très vite, mes pieds ont viré au rouge. Papa a hurlé en me soulevant dans ses bras. - Faut t'emmener à l'hôpital !
Je me suis débattue pour me défaire de ses pinces. Avec mon club de golf, je l'ai à nouveau menacé puis je me suis enfuie pied-nu et gesticulant dans la rue qui charriait ses odeurs suspectes. Un motard m'a cueillie. Pendant qu'on roulait, épuisée je me suis endormie, la crosse du club contre le cœur.
Quand devant l’hôpital, le motard m'a réveillée, j'ai demandé de l'aide et une paire de chaussures. Là, on s'est occupé de moi. Quelqu'un a mis un peu de musique. Les plaies sous mes pieds n'étaient rien. Seul le visage de papa me brûlait. J’aurais aimé l’arracher de ma mémoire avec mes ongles, le lacérer. Pendant ce temps, une infirmière stressée insistait pour me bander entièrement en commençant par les mains.
C'était plus fort que moi. La guerre du golf allait reprendre, avec une mare de sang sous le crâne fendu de la femme en blanc.
Quand tout est redevenu calme, j'ai baillé en pensant que peut-être, un jour, on se comprendrait.
Mais pour l’instant, j’ai un mal fou à m’acclimater, sur cette planète.
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