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sons, mots, signifiance.
J’ai entendu ce que de ma gorge laissait aller les sons. J’en ai vu se la trancher, des flots de mots étouffants s’écoulaient. Dans les fossés, ceux bleus qui les avaient gardés et en avaient pris la couleur à l’heure. Des corps aux têtes à peine attachées courant le long d’une route sans carrefours. Un cheval debout, plaignant ces pauvres de n’avoir plus la science du cri. Une des gorges s’approche de moi. Je plonge une main à l’intérieur, c’est chaud…elle est fraîchement ouverte. Tandis que je suis dedans, je sens les miens déformer, mes yeux dans ceux du cheval. Je sens. La gorge tombe. Ma main bleue. Mes yeux toujours dans ceux du cheval. Je lèche ma main, et je sens les miens se calmer. Je saute au dessus du fossé. Mes yeux dans les siens toujours, toujours. Il hurle. Et sa gorge s’ouvre. Et ma gorge s’ouvre. Je hurle...
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