|
Près du rocher, genoux ployé, le chevalier lui jura fidélité. Dame inaccessible dessus toutes ses pensées Elle sera. En sa mort. Maintenant il su qu’à en entendre parler, Bouleversé son cuer sera.
Où s’illuminera son visage. Où d’envie il aura à en pleurer Et à en rire. Ou plutôt à en pleurer À y trouver plus subtil goût. Il déclara sa flamme très pure, Loin sans faut de quelques brutalités débridées, éloignée. « Cuer mais jamais corps » . Telle fut ainsi sa devise à en être possédé Par si merveilleuse fin’amor.
Enfin il lui chanta louange Puis son infinie peine, Par un poème à terminer Car à jamais, à luy toujours se refusera :
« *Je ne sçay comment je dure Car mon dolent cuer fait d’yre Et plaindre n’oze, ne dire Ma douloureuse aventure Ma dolente vie obscure Rien, fors la mort ne désire Et me fay, par couverture Chanter que mon cuer soupire Et fayre semblant de rire Mais Dieu sçay ce que j’endure Je ne sçay comment je dure » * Christine de Pisan
|