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ombre et lumière, être et être.
La cuisine baigne dans les oranges d’un matin d’été. La radio est allumé et une trompette fait résonner l’odeur de café. Certains des meubles verts dans l’ombre profitent du temps allongé. La cafetière tente un réveil en douceur par marmonnements étouffés. La table joue avec les rideaux. Entre ombre et lumière. Un placard mal fermé laisse voir les tasses impatientes. Le sucrier près de la cafetière la devançant sur la lumière matinale étend son ombre sur le plan de travail, il est si fier. Elle ne lui en tient pas rigueur, elle se contente de diffuser les aromes nécessaires à son utilité. L’évier d’inox, le robinet droit, ne bronchent pas. Leur gris reflété leur assure une présence continu, quelles que soient les couleurs.
Je m’avance sur la scène. Je passe devant la table en essayant de ne pas déranger le jeu de ma propre prétention d’être. Je suis au placard, je la vois. Je la prends donc. Dans ma main, fragile. Arrivée à la cafetière, je verse celui qui noir parfume la pièce. La tasse se réchauffe. Droit, tendu, le sucrier s’offre. Je le prend donc et une fois son œuvre faite je le repose jusqu’au lendemain. Me retournant, les rideaux m’ont fait une place à la table. Un espace de lumière bien clair. Je me désole de ne contrôler aussi bien mon ombre. Elle semble traîner sur eux.
Assise enfin à la table, je bois le café sucré dans la tasse, mes yeux essayant de me montrer les rideaux, la table, la cafetière, le sucrier, le placard, la tasse...
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