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Mon nom est merveilleusement limpide |
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Mon garçon et moi sommes retournés au village d’il y a longtemps.
Nous nous sommes garés près du lavoir. Un bouquet de millepertuis séchait devant l’oratoire, dans un verre en plastic. L’enfant et moi avons souri au même instant, face à cette présence entêtante car simple.
Après la voûte de Philomène, Odette nous a accueillis avec ses souvenirs, ses objets du passé, celui de la famille et des cousins perdus de vue. Les pièces de la maison avaient pris une patine surannée depuis mon adolescence ; la cuisine me plaisait toujours, on y sentait encore l’omnipotence des pots de miel de châtaignier et de sapin.
Odette nous a invités à déjeuner et nous sommes repartis avec des haricots et du persil plat frais cueillis. Mais avant, nous avons bifurqué vers l’église et le presbytère où les enfants devenus grands visionnaient des films comme « Les dix commandements ». Nous avons retrouvé le tourniquet derrière l’église. Je me suis souvenue qu’en été, du riz et des cœurs en papier jonchaient les marches… Un peu plus loin, mon garçon et moi avons poussé le portail du cimetière. L’enfant a attentivement observé les visages gravés et toute cette éternité humaine. Il a reconnu notre patronyme sur la plupart des tombes, merveilleusement limpide, à l’état naturel. Mon garçon savait déjà que les noms, comme les hommes qui les portent, ont une histoire. Il découvrait que le nôtre était un vieil arbre avec de nombreuses racines qui s’étaient étendues et avaient sillonné le monde depuis ce minuscule épicentre de montagne et de pierres.
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