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Les gouttes d’eau de mon cœur |
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Pleure, les larmes sont les pétales du cœur. Paul Eluard Douces ou amères, les larmes soulagent toujours. Alfred de Musset
Il pleut. Le ciel déverse sur moi ses tourments. Je les entends et je les vois. Ils sont électriques. Je marche dans la rue et les gouttes de pluie inondent mon visage larmoyant et empourpré. Les passants me regardent. Ma vue est trouble, je ne les distingue pas. Mais qu’importe ! Les tristes souvenirs me quittent et coulent dans les rigoles de la ville. Les déceptions et les difficultés de ma vie que j’avais étouffées jusqu’à présent s’entrechoquent pour pouvoir intégrer mes larmes et enfin déserter mon cœur tailladé. Mon corps est secoué de sanglots, peut-être les derniers ! Mon âme a du mal à se débarrasser de toutes ces souffrances et de ce désespoir qui l’ont accompagnée tant de temps. La porte de mon être s’étant enfin ouverte, c’est un vrai cataclysme. Toutes ces paroles que j’entends encore, gravées dans mes sens, me désertent. Ces émotions emprisonnées qui me possèdent ne me laissent pas vivre. Les gouttes d’eau de mon cœur s’écoulent comme d’amers torrents qui me brûlent à leur passage. Je marche le regard vide, perdu. Rongé par le temps et la souffrance, il attend une étincelle pour y trouver un peu d’espérance. Les derniers sursauts me maltraitent. Regardant ruisseler mon passé, je guette l’instant magique où le soleil apparaîtra enfin.
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