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La pauvreté des biens est facile à guérir, la pauvreté de l'âme, impossible.Montaigne La vraie pauvreté est celle de l'âme, une pauvreté dans laquelle le mental est toujours dans un tourbillon créé par les doutes, les soucis et les craintes.S Ramdâs
Il se leva tôt ce dimanche matin. Mais il n’avait pas sommeil. Empreint d’une grande excitation, il allait prendre ce fameux train. Dans ce lieu insolite, des enfants passaient leur tête par les fenêtres vétustes. Malgré leur pauvreté, ils étaient tout sourire, ils s’amusaient comme nos enfants européens. Des regards émerveillés par les paysages, qu’ils connaissaient par cœur. Le fait de les voir défiler à vive allure les rendait heureux. A quelques rangées derrière, un petit groupe de moines bouddhistes chauves étaient assis sagement. Tout de rouge vêtus, assortis aux parois du train, ils attiraient le respect. Ils priaient et paraissaient porter toute la souffrance du monde. Des autochtones, simples, emplis d’une grande ferveur religieuse, se tenaient près de lui. Malgré la barrière de la langue, il les comprenait. Les mots sont parfois inutiles. Il ressentait leur peur. Au fond du wagon quelques militaires conversaient entre eux et guettaient les alentours. Il savait que, longtemps, ce peuple a été coupé du monde par le régime militaire. Leur foi et la culture bouddhiste ne les préservaient malheureusement pas de l’oppression. Les quelques touristes, présents dans ce convoi, jetaient discrètement un coup d’œil à toute cette population singulière. Mais, lui, non, il prenait des photos. Ces images poignantes qui étaient déjà imprégnées dans sa tête et dans son cœur, il voulait les partager. Il ne regretta pas de s’être levé tôt. Il était à Myanmar. Birmanie. Rangoun.
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