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Il était grand, il était beau, il sentait bon le café chaud, mon fonctionnaire…
"Viens, que je te paye impôt.", tel est mon crédo. Mon confiteor ? Un confixator, ou confisqu'à-tort, plutôt. Vous qui passez sans me voir, j'aime à penser : c'est moi qui vous saignerai. Oui, vénérez-moi, car je suis votre saigneur. Je déteste par dessus tout qu'on laisse l'argent dormir au frais derrière une banque, même non réfrigérée. Oui, moi, fonctionnaire des impôts, je suis le dernier des communistes. Comment ? L'URSS n'existe plus ? Et l'URSS-AF, alors ? Travaillez, prenez de la graine, disait le fabuliste ; c'est fabuleux, ajoutais-je, car c'est moi qui recueillerai le fruit de votre sueur. Hééé oui : le saint-sueur de Turbin, c'est encore moi. Après mon passage, seule votre transpiration restera sur votre linceul, ne vous restera que le lin, seul. Ah, je dois vous laisser, me voilà rentré à la maison. Mais non, tiens, venez, je vais vous présenter ma femme. Trésor ? C'est moi ! Tu vas rire : je t'amène quelqu'un qui n'est pas fonctionnaire – tu vois, que ça existe, quelqu'un qui bosse pour deux comme un chameau– et qui, de plus, paie des impôts ! Bercy beaucoup, M'sieur !
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