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J’ai pas la gueule de bois, je sais plus ce que ça veut dire la gueule bois, j’étais même pas défoncée hier soir, le 31.
J’étais même pas défoncée hier soir, le 31. Même pas chaude. Ai marché sur des trottoirs toute la nuit à m’imaginer des flaques de verglas mauve. Ai cherché une boulangerie d’ouverte ou un salon de coiffure. Ai remonté la Rue de la Roquette. Les bars à salsa. Merde. Les videurs qui zozotent. Des blondes en Jean ni tristes ni joyeuses, on sait pas ce qu’elles ont dans le crâne, on arrive pas à voir, elles sont toutes molles, intangibles. Me suis laissée gobée par le marché d’art contemporain à Bastille. Ai négocié une statue avec un pneu de Jeep et le Christ au milieu. Dessiné le portrait d’un enfant pas encore né.
Ce soir, sur notre balcon à fumer le canal Saint-Martin, d’humeur fantôme. Non pas qu'on en veuille à tous ces crétins pour la mascarade d’hier soir, ce serait trop facile.
Hier aprèm, ai reçu un texto de Cyril : « Devant Carrefour… Un océan de bagnoles à portée de mains… ça brille de partout, on dirait un cimetière de cétacés… Pourquoi m’as-tu demandé de venir ici ? Je te conchie… »
Cyril à peine tourné la clé dans la serrure quand il est rentré de Carrefour hier-aprèm. Lui ai sauté dessus. L’ai sucé. Un goût de pomme verte. Des sacs de provisions plein les mains. L'ai mordu.
Alors ce soir, ça rigole pas ce soir sur le balcon : -On aime ses personnages qu’une fois qu’on a terminé de rédiger leur histoire ! -Ah ouais ? -Ecrire est un truc d’impuissant, quoi ! ... - Une sale vérole mentale qui m'empêche de dormir! ... - On joue à chat-bite ?
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