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Quand ce sera plus calme ! |
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Un village corse accroché à la muraille...
Un mulet sommeille sous un châtaignier. Les mouches, à intervalles réguliers, s’abreuvent à ses paupières. On perçoit leurs vols agaçants, signes tangibles de l’été sous la canicule installée. C’est alors qu’une Clio immatriculée 75 rompt le calme hypnotique de la place désertée. Le mulet disperse les mouches d’un mouvement de l’oreille gauche puis reprend son rêve là où il l’a interrompu. L’étranger s’extirpe et claque la portière en soupirant. Quelle chaleur !
Heureusement, la boutique d’alimentation semble ouverte. Sa porte aux langues de plastique colorées laisse entrer un peu d’air et le nouveau venu. La clochette d’entrée résonne mais personne ne se présente. La pièce est sombre et fraîche. Les fromages ventrus de brebis côtoient la charcuterie de montagne et les espadrilles aux tresses chinoises en guise de semelles. Un calme de chapelle habite le lieu tandis qu’une discrète odeur de cave suinte des murs salpêtrés. L’homme s’essuie le front et attend. Cinq minutes. Six. La vie des rats. Puis il appelle, il y a quelqu’un ? J’ai besoin d’eau… Un long silence suit. L’étranger réitère sa demande en forçant la voix. Soudain, un grondement indistinct répond puis une voix ensommeillée semblant s’exhaler des abimes de la vieille bâtisse :
- revenez plus tard, quand ce sera plus calme !
Le mulet chasse les mouches d’un mouvement de l’oreille droite et se rendort, bercé par le ronronnement du moteur de la Clio qui s’éloigne dans le soleil.
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