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Et trouver une excuse valable pour la perte de mes godasses... |
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Surtout que c’était son cadeau pour mes quarante ans...
Il est arrivé au bord du fleuve après avoir mené les gamins à l’école. Il a garé sa vieille Opel le long de l’ancien chemin de halage puis il est descendu au plus près de l’eau grisâtre. Ses mocassins se sont vite englués dans la glaise et dans les marnes. Il a fait demi tour. Il a ouvert le coffre de sa voiture décapsulé une bière qu’il a bu d’un trait. Il a jeté dans l’eau la canette vide qui a été aussitôt absorbée par les flots, puis il est passé à la vodka. Dans une bouteille d’eau minérale vide, il a mélangé l’alcool avec du mauvais jus d’orange. Le courage semblait revenir. Il est retourné au plus près de l’eau, a perdu l’équilibre et s’est retrouvé trempé, boueux. Il était euphorique, il l’a bien pris ; il lui en fallait quand même davantage pour aller plus loin.
La montre de la Corsa marquait 11h10...Dans vingt minutes Diane et Quentin iront manger à la cantine. Manger. Oui, il a faim. Mais à quoi bon ? Il termine la vodka, rêve de cacahuètes, pique un peu du nez aussi. Il est 13h13 quand il se réveille. Il lui reste un fond de gin et quatre canettes de cette gueuze qui déchire. Il se concentre, avale le tout, avance en ligne presque droite vers le bouillon qui défile en contrebas. Cette fois ses souliers sont aspirés par la boue. Il avance en chaussette dans cette fange quand son oeil fatigué est attiré par un mouvement. Elle est belle, jeune, à moins de dix mètres de lui. Elle pleure mais il n’a pas le temps de lui dire quoi que ce soit, elle est déjà loin.
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