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Il est quatre heures du matin et le monde essaye de me neiger sur la tête, seulement voilà. Les chariots de flocons comme des sauterelles sont détournés à mi-hauteur de l’atmosphère. Ils roulent vers l’est aux iles de l’océan Indien. Je suis protégé par une cloche sèche, un film alimentaire. Il est quatre heures du matin et le monde essaye de me neiger sur la tête, seulement voilà. J’aimerais pâlir comme elle. Me sentir mal comme elle. Tracer des croûtes sur mes poignets comme elle. M’enorgueillir d’une telle voix. Seulement voilà. Je suis heureux et je tousse. Chaud à l’intérieur. Empaqueté de nuit. Bouffer les mites de son malheur aux relents de sirop pour la toux sur un peignoir. Percer la cloche. Elle me rejoint et me dit : qui est le plus fou ? Celui qui s’assoit à même le balcon du monde et se penche pour voir la lune toute entière ? Celui qui mord son poing dans sa bouche au matin en allant turbiner ? Elle revient une bouteille de pastis à la main. Nous sert un verre. Un deuxième. Un cinquième. A l’étage notre fille appelle. Nous n’irons pas. Elle vient de recevoir un flocon sur le nez en plein dans sa chambre.
Laryngite.
Qu’elle se démerde.
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