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nous a tous changés a tout emporté |
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ce qui souffle encore a soufflé si fort nous a tous changés a tout emporté
Je sur mes deux jambes croisées comme deux nouilles chinoises passe par l'escalier ou ce qu'il en reste suspendu en l'air du 3è étage sans toucher le sol
je demande quelqu'un si quelqu'un m'entend je lui crie à l'aide si quelqu'un m'entend les mains sur la rampe buté sur un homme je lui fais pardon il ne répond pas il est déjà mort il est déjà raide je leur crie à l'aide je n'ai plus de dents sont toutes tombées du 3è étage foncent vers le bas en flaques s'écrasent
pluie dedans mes veines fait pleuvoir des gouttes fait pleuvoir si fort des algues des croûtes des cratères de suie délavés de sang je n'ai plus d'humain qu'un corps d'apparat est-ce bien le mien et ça souffle encore tranche de poumon mon souffle coupé crache le saumon crache les orteils et le tabac froid de 12.000 paquets l'ampoule a grillé
boue à la place des lèvres coule sur le vide un nouvel estuaire jusqu'à l'estomac d'un chien de traîneau en train de crever en bas dans le hall sur des tas d'ordures
miettes du hasard par dessus la ville la ville sans toit la ville penchée à même le trottoir passent là des bras des têtes tranchées étoffes trouées j'aperçois ma femme j'aperçois ma fille miettes dispersées et ça souffle encore à travers la ville ou ce qu'il en reste plongée dans le noir je n'ai rien pu faire pour les retenir je ne peux bouger jambes emmêlées mes mains sont gelées
on n'y voit plus rien qu'un rai de poussières qui s'aspire la lune les derniers rayons les ombres derrière toutes déformées je les aperçois suivent le convoi emporté au loin
je ne sais pas ou
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