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Ils avaient entre 18 et 25 ans, deux filles et deux gars. C’était au bord de la 113. Une nuit de léthargie comme on en vit en province, l’été.
Max avait eu envie d’une pizza. Répondant à sa demande, l’Alligator - qui plus tard deviendrait vendeur de voitures - s’était garé devant la pizzéria qui jouxtait une boîte de nuit à la façade ornée d’un sphinx ridicule. C’était au bord de la 113 en direction de Marseille, une nuit trop calme, en fin de soirée.
L’Alligator et Adèle, sa compagne, se disputaient dans le vacarme et l’ambiance glauque de la boîte. Leur amie Margot s’ennuyait ferme à leurs côtés tout en composant mentalement un poème qu’elle écrirait après, sur son lit. Dans dix ans, elle deviendrait professeur mais n’exulterait plus une seule ligne en dehors de ses cours.
(…)
Quand la police fit brusquement irruption dans la boîte, deux hommes se tirèrent en déchargeant leur artillerie. Les 4 jeunes ne furent pas touchés mais arrêtés par les p’tits bleus qui venaient de les cueillir faute de mieux. On éplucha leurs papiers, on reluqua leurs gueules d’anges puis on les laissa repartir vers leurs destins.
A part le choc, rien de grave ne se produisit cette nuit-là. Ce n’est que des années après que l’Alligator sombra dans la vente de voitures, suivi par Margot qui échoua dans un lycée en ZEP. Quant à Max, après un stage force de vente, il finit dans un fourgon à pizzas. Adèle enfin, disparut de la circulation lors d’un voyage au Yémen et on ne la revit jamais. La discothèque existe toujours. Les fresques de sa façade sont à peine plus fades qu’il y a 20 ans.
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