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L’histoire finit par des meurtres de babibels |
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Ceci n’est pas une pipe. Et ce ne sont pas des dunes. Je ne comprends jamais rien à ce que tu dessines de toute manière.
— Ça caille ! On rentre ? je dis.
Tu secoues la tête. Et ma grippe ? Et tes pinceaux gelés ? Il pousse des icebergs dans ton chocolat chaud. La tasse en plastique posée là sur la grève, au pied du chevalet.
Je remonte la couverture sur tes épaules. Elle te gêne. Tu la repousses. On a pas idée de peindre des plages en hivers. Ce n’est pas une plage ?
Tes doigts rougis étalent une tache bleutée dans un paysage que je ne sais pas voir.
— Tu n’as pas froid ? je demande. — J’ai faim ! — Mars ? — Babibel !
Je sors un petit fromage du sac en plastique. Je le dépèce avec un peu plus de cruauté que nécessaire et le glisse, nu et blanc entre tes dents. Tu me jettes un regard en coin, un sourire accroché à tes cils.
— Encore… tu murmures.
Et là, soudain, malgré le vent, le froid, ma grippe et ton dessin que je ne comprends pas, j’ai envie de toi. Mais tu ne me vois déjà plus. Tu étales une tâche ambrée sur la toile, quelque part entre le bleu et l’ocre.
Je sacrifie un deuxième babibel, le glisse entre tes lèvres et malaxe une boule de cire rouge sang pour réchauffer mes doigts. Je t’attends.
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