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Vers libres entre deux verres, l'un bu et l'autre à boire.
Ô rage ! Ô désespoir ! Oh Fernand ! Tu m’écoutes ? À quoi ça sert que je me tue à répéter si toi tu t’en fous…
Ça fait une heure Fernand que je récite, essayant de t’émouvoir, Sans le pouvoir. Tu es là, baillant aux corneilles et moi qui m’enracine sur cette scène Ce n’est pas juste, Fernand… Tu n’es qu’un gros dégueulasse, Un macho, un salaud Tu bailles, tu baves… Et moi je m’époumone J’enrage Fernand Bouge-toi, gros tas, dis quelque chose Regarde-moi au moins ! Fais semblant d’écouter, fais semblant de m’aimer, encore… Oh Fernand ! Mais tu ne bouges pas, tu ne réagis pas, tu fais la gueule ou quoi ? Il n’y a pas si longtemps tu m’appelais encore ta petite puce… Eh ! Fernand, qu’est-ce que tu as… dis-moi… Tu sais, tu peux tout me dire…Fernand Tu es malade ? Tu es tout pâle, tes yeux fixent un point là haut, Un point que je ne vois pas… Fernand… fais pas le con, je t’en prie. Fernand… Oh, non, mon Dieu… Fernand réponds-moi… C’est moi… ta puce… ta petite puce Fernand… c’est Julie… T’es mort ? Non t’es pas mort, c’est pas vrai ! Tu ne peux pas me faire ça, Fernand… Pas à moi ! Fernand, dis moi que t’es pas mort… Dis le moi… Fernand Non ! Je ne suis pas mort, mais tu m’emmerdes avec ton Cid Tu m’agaces avec tes jérémiades, ton nez qui mouche, tes yeux qui coulent et qui louchent Tu m’étouffe avec tes Fernand !. Vois-tu, Il me faut de l’air. Il faut que je respire, et tes miasmes m’indisposent T’es moche, t’es con et tu me fais chier ! Fernand, non Fernand ne dis pas ça, tu ne le penses pas… Tu le pense ? Tu le pense vraiment, Fernand ? Je vais te tuer mon salaud.
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