|
Où je patine sans glace sur les territoires des damnés, des cons-damnés. Sans un succédané à me coincer sous la dent !
Thème : La mort sous toutes ses couleurs.
Me suis levée à l'aube pour envoyer un mail. Une idiotie poisseuse, trempée dans l'eau de mes roses. Un truc sorti de travers d'un rêve ébouriffé, où j'embrassais une armée d'animaux en peluche ... où un coyote venait me renifler les fesses et ça m'faisait rigoler ! j'ai voulu me recoucher après avoir décroché la lune et son croissant. J'avais les pieds glacés. J'aurais dû mettre des chaussettes. J'ai tiré deux trois taffes sur un sommeil radin. Tourné. Retourné. Cherché un peu de châleur. Mais rien trouvé ... Personne de l'autre côté du pieu pour m'empècher de basculer. J'ai refermé les bras sur rien. J'ai pataugé encore un peu entre deux eaux, recroquevillée sur mon envie. De lui. J'ai pas voulu cèder. J'aurais dû, ça m'aurait bercée !! J'ai pas voulu reculer devant le danger. Prévenue, je l'étais. J'avais une grande vie derrière moi pour m'apprendre ce que c'est. Comment ça te brise un doigt et tout le reste y passe, ça te bouffe l'intérieur. Un méchant suc qui se répand sur les paillasses endurcies. Une douceur odieuse qui te traîne dans la boue, une main cajoleuse qui t'étouffe pour mieux te ranimer ... Aller, je vire la couverture. J'affronte le miroir du carrelage, le ciel limpide et son absence de nuage. J'enjambe la rambarde et tombe dans le vide, qui lui, m'accueille sans faillir !
Ce matin, la mort était dorée à l'or fin ...
|