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It's raining, man !
Je regarde tomber la pluie.
Je compte les gouttes, une, deux, trois, je fais des groupes de cinq mille, j'en suis à... plusieurs... Je regarde chacune d'elles toucher le pavé, je les regarde exploser au contact du bitume et rebondir en infiniment petit en une multitude qui s'éclate à nouveau contre le sol détrempé.
J'ai froid dans le cou, je mouille dans la nuque, je mouille de la colonne, je détrempe de la chemisette, je mouille du cheveu, du visage, la pluie se mêle aux larmes, je bois jusqu'à l'halali, les cors de chasse sonnent au loin, la meute aboie, les bigles s'excitent, et je continue à compter l'eau, je me noie dans mes déconfitures.
Assis dans le caniveau, j'attends la suite, j'attends la fin, ce n'est pas moi qui décide, le seul film dont on ne peut deviner la fin, c'est son propre film. J'avais lu le scénar, ça ne devait pas être comme ça, on m'avait promis le bonheur, on m'avait promis que tout irait.
La pluie est noire, la lune chiale avec moi, elle est toute ronde et blafarde, les étoiles ont disparues de mon ciel depuis bien longtemps, en même temps que mes espoirs, en même temps qu'il a commencé à pleuvoir. On me dit, t'es qu'un môme, patiente, ça va venir.
J'ai vingt ans, je n'ai aucune perspective, mes ambitions sont mon passé, quand j'aime c'est contre deux cents euro et pour un quart d'heure, j'aime pas les capotes, j'aime pas ne pas embrasser, j'aime pas la vie, j'ai fini mon temps, les chiens approchent, je ferme les yeux,
j'éteins.
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