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Tout le monde s'en fiche, sauf mon petit moi...
L'écume de mon sang s'écoule de ma bouche en blops moussants. La douleur est partout, en moi, dans ma tête, mes muscles, mon coeur, et sur tout mon corps elle s'irradie en vagues qui me submergent et me roulent en boule... Crier pourquoi faire, la rage ne pourrait s'exprimer sans les mots qui me manquent. J'exhale des sons inaudibles, incompréhensibles que seul j'interprète... Il s'est acharné sur moi, pensant me détruire jusqu'à ce que je me taise, pendant qu'elle vociférait des exhortations pour l'encourager. Réduisant en cendres les espoirs que j'avais formés, émiettant mes sentiments pour se débarrasser de cet autre qu'elle voulait rejeter à jamais, je ne comptais plus, je n'avais jamais existé pour elle, je n'étais qu'une gène, un moment éphémère, abreuvoir passager de ses désirs vénaux, porte monnaie que l'on vide et que l'on jette... Le jeune fringant, dispensateur de plaisirs charnels avait primé sur cette vieille machine devenue gênante à la fin. Trop tard, beaucoup trop tard, j'avais compris ma misère... Réagir, impossible, je n'en ai plus la force, je me recroqueville digérant les douleurs, incapable de raisonner, j’attends la délivrance... Aucune aide à espérer, je suis seul, tout seul face à mon vide, seul le froid contact du revolver dans ma poche me raccroche encore à cette vie gâchée. Aurai je la force de le sortir et de me libérer. Un mot, un mot de plus, un mot de haine et de rejet et je passe de l'autre côté du miroir...
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