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C’était la chambre habituelle. Un jour comme les autres. Le soleil en plus. Ses rayons blancs entraient dans la pièce, coupés en tranches par les stores.
Il a ôté son tee-shirt en baissant le regard, les épaules courbées vers l’avant. Il a ouvert sa ceinture puis il s’est tourné avant de laisser tomber son pantalon. C’était un timide. Je préfère les timides. Ils sont souvent plus doux. Et si celui-ci était l’homme de ma vie ? Joli dos, jolies mains aussi. Pas bavard. J’aime autant.
Il a plié son pantalon en trois et son tee-shirt en quatre, soigneusement. Je me suis toujours demandé pourquoi les femmes en générale se moquent des hommes qui plient. C’est plutôt touchant ce soucis du lendemain, de l’après. Oui, je le trouvais touchant en cet instant. Je me suis dit qu’il pourrait être l’homme de ma vie.
Il a cherché du regard. Une chaise sans doute. Mais il n’y avait rien. Rien qu’un lit. Alors il a posé ses vêtements sur la moquette usée puis il est venu s’asseoir près de moi. Ses mains tremblaient. J’arrivais à peine à deviner son regard caché sous une frange trop longue. J’ai écarté ses cheveux :
- Dis moi, qu’est-ce qui te ferait plaisir ? - J’aimerai…
Il a hésité, mordillant sa lèvre inférieure.
- Allons ne sois pas si timide. - Je voudrais… vous donner du plaisir.
Il avait l’air sincère. Alors j’ai ri bêtement, pour masquer ma surprise, mon chagrin ou que sais-je. Celui-là aurait pu être l’homme de ma vie. Si j’avais eu une vie…
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