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C'est ce soir là que Prosine décida qu'elle deviendrait romancière. Eventuellement.
Il m'a dit prends soin de toi, j'ai répondu je le fais en voulant être à tes côtés, il a conclu justement non.
Et il est parti.
Je pense qu'il m'a regardée. Quand je marchais vers la voiture. Pour voir si j'avais de l'allure. Je pense qu'au retour il a vidé sa tête parce que ça faisait beaucoup. Je pense qu'il me savait heureuse. Il s'est concentré sur sa musique, il travaillait déjà. Il a ouvert les fenêtres, il a baissé la radio, il a respiré l'air du soir en été. Un air sec, pur. Et tandis qu'il roulait l'air perdait le sel. Normal. Il s'éloignait de la mer.
J'ai roulé aussi. Je respirais moins bien parce que la mer était derrière. Je me suis dit que désormais il m'ignorerait, n'écrirait pas, ne décrocherait pas le téléphone. Je savais qu'il n'oublierait pas et c'était déjà ça. Me mettre à l'écart c'était me protéger. J'ai imaginé qu'il était gentleman.
Il m'avait fait ce beau cadeau de partager quelques unes de ses heures avec moi. Je n'allais pas ensuite lui faire des reproches. C'eût été malvenu.
J'allais continuer à écrire. Comme avant. Comme pendant. Comme d'habitude.
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