|
Je ne supporte pas la vue du sang. Sa couleur, sa viscosité me répugnent, son odeur m’indispose, son goût âcre m’écœure.
Lorsque je l’ai vue, parcourue de soubresauts avec ce liquide visqueux qui s’échappait par jets puissants et discontinus, je fus saisie d’effroi, du sang ! Du sang se répandait, un sang rouge vineux, épais, qui tachait le carrelage et les meubles qu’il atteignait. Il m’a fallut surmonter mon horreur pour me saisir, sans me salir, du chat qui commençait à laper. Evidemment, elle s’agitait encore, il fallait faire quelque chose, j’étais tétanisée. J’ai une aversion maladive et puis je me disais qu’elle ne pouvait pas s’en sortir avec de telles blessures alors que le plus vite serait le mieux, qu’il fallait même si possible abréger ses souffrances. - Alors vous l’avez recouverte d’un édredon ! Oui commissaire et tout de suite ça a été beaucoup mieux, elle a cessé de gigoter et ce sang a cessé de se répandre. - Objection ! Vous ne l’avez plus vue s’agiter et vous n’avez plus vu le sang couler. C’est pareil commissaire. Et je suis sortie prendre l’air et j’ai prévenu la voisine. Le commissaire regardait cette petite bonne femme, courbée, ratatinée. - Un point que je ne comprends toujours pas et que vous allez, m’expliquer. Pourquoi l’avoir frappée et de surcroit avec un couteau. La petite vieille regardait ses pieds. Elle était méchante… Elle m’avait menacée, c’était son couteau… - Tout de même ! Vingt et un coups de couteaux ! C’est le premier qui compte et puis j’ai pas compté. Bon, je peux rentrer chez moi maintenant ? Faudrait que je nettoie tout de même un peu.
|